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étirer le tissu tendre, ne pas se soustraire à la faillite annoncée - publié le 22 mai 2016

mardi 6 février 2024, par dvial

L’archive de cet article est ici :
https://librairiemobile.wordpress.com/2016/05/22/etirer-le-tissu-tendre-ne-pas-se-soustraire-a-la-faillite-annoncee/

étirer le tissu tendre, ne pas se soustraire à la faillite annoncée

Négliger l’espace et le temps pour se fondre en une larme de deuil – au seuil du vent qui longe l’esprit – et croire du haut de la falaise à la douceur d’un sein. Ne plus se taire au fil des heures qui coulent et passent en termes aménagés, investir sa vie pour ne pas sombrer, réunir la sève et le fruit, fermer la porte à la chance et ouvrir une brèche sur la magie d’un monde qui meure.

Sur terre, sans la joie nulle beauté, sans tactique nulle victoire.

Et si soudain, sidéré par la violence, plein-e d’effroi et d’affection nous ressentions en creux le sentiment d’être vivant ? Toute naissance est une violence qui brûle les poumons traversés par un cri. Plus tard, si un pied t’écrase la gueule et que de cette gueule tu sors les crocs pour mordre ce pied qui t’écrase la gueule, c’est que tu es vivant-e et cherches juste à le rester.

A l’avant, on peut courir comme des sauvages, prendre la route comme on prend le maquis, se fondre de place en place et partout y trouver des ami-es, sans oublier d’expliquer – appliqué-es et simples – que le système peut être bloqué en cessant de l’alimenter, pour qu’à l’arrière on soutienne celles et ceux qui, courageux-ses, vont au contact et rétablissent un rapport de force vive.

Bloquons tout ? GREVE GENERALE & STOP CONSOMMATION – Assécher la bête et prendre le temps de libérer le temps. Cesser de payer l’énergie et l’eau, les traites et les loyers, l’impôt, la dîme et la gabelle. Le palais repose sur des fondations ancrées au plus profond de notre soumission. La violence brise les fenêtres et arrache les lustres, pour saper les fondements de la morale capitaliste encore faudra-t-il remettre en question notre propre asservissement, provoquer le jubilé et s’assembler pour ne plus rien verser, ni larme, ni sang, ni temps, ni argent à ce monstre froid qui croit nous posséder.