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Non cette jeunesse n’est pas violente

mercredi 2 mai 2018

Non nous ne sauverons pas le climat, la planète et les petits oiseaux en mangeant bio, en travaillant dans l’économie sociale, solidaire ou circulaire, ou bien en achetant des voitures électriques. Non ce n’est pas en produisant de la bière locale ni des légumes bio-dynamiques que nous résoudrons le problème.

Non que toutes ces initiatives soient en elles-même néfastes. C’est juste qu’elles ne suffiront pas. Elles permettent peut-être à certain-es de se donner bonne conscience : on peut penser faire partie de l’avant-garde éveillée parce que l’on choisit un de ces segments, une de ces niches économiques pour continuer à vivre comme si de rien n’était, mais cela ne suffira pas. Pire : c’est hypocrite. Car c’est faire perdurer l’illusion que la société change sans que rien ne change. Ou bien c’est repousser au loin : pour d’autres dans l’espace (ailleurs sur la planète) ou dans le temps (les générations suivantes) des décisions qui doivent être prises là, ici et maintenant. Opter pour l’une de ces activités alternatives c’est juste espérer se placer ’au dessus’ de la mêlée des idiots, juste se faire une place au soleil en bon-ne capitaliste, dominant-e.
Une élite nouvelle émerge de ce soit disant ’changement de paradigme’ : élite altermondialiste, élite anthroposophique, élite de gôche qui croit détenir la clef d’un futur durable et bienveillant. Elite cultivée et intelligente qui colle du ’collectif’ partout sans voir qu’il n’y a là que de l’entre-soi.

Pourtant, et l’idée n’est pas nouvelle, pour réduire de façon significative notre impact néfaste sur la planète, pour ralentir de manière efficace l’effondrement visible du vivant il n’y a pas beaucoup de choix : nous devons arrêter - cesser. D’extraire, de produire, de consommer ...

C’est peut-être cette évidence qu’une partie de la jeunesse comprend et fait vivre du côté est de feu la zad par exemple, c’est peut-être pour cela que ce sont les symboles capitalistes qui sont détruits sur le parcours des manifs, …
Peut-être que contrairement à ce qui s’est passé en 68 la jeunesse est moins encline aujourd’hui à accepter le réformisme mou et hypocrite de celles et ceux qui voudraient encadrer leur révolte pour conduire le troupeau vers des prés plus verts et sans glyphosate. Bien sûr que c’est chouette un pré fleurit, sans trace de chimie mortifère. Mais c’est encore mieux sans berger, ni bergère ni leurs chiens.

De la même manière, les syndicats de salarié-es peuvent bloquer, et puis lutter avec rage et détermination ... et puis rentrent dans le rang dés qu’il est question de revaloriser le pouvoir d’achat. Alors d’accord : demander plus de partage des richesses puisque plus de richesses sont produites : soit. Mais plus de revenus pour dépenser plus ... dans quoi au juste ? Dans plus d’ikéa ? Dans plus de voitures ? Dans plus de tablettes et de prothèses ? Dans toujours plus d’asservissement et de crétinisation ? Peut-être qu’une partie de la jeunesse comprend qu’il y a quelque chose d’absurde à vouloir encore plus alors que déjà la planète en pète.
Et même si c’est réclamer plus de pouvoir d’achat pour dépenser dans plus de bio, plus de yoga-quantique, plus de maison en bois … cela reste tout aussi absurde.
Au passage, je me permettrais de souffler aux travailleurs et travailleuses qu’illes ont un moyen bien plus efficace pour appuyer leurs revendications : ne plus payer les crédits aux banques ni les factures aux multinationales pour briser ces chaines invisibles qui les font esclaves.

Seule la rupture est à consommer.

Donc non chèr-es syndicaliste, non chèr -s bien pensant-es de gôche : cette jeunesse n’est pas violente. Elle est consciente.

En cette période pré-fasciste où le capitalisme s’appuie sur l’extrême droite pour perdurer, où les pires idées du FN sont votées à l’assemblée, où l’état use et abuse de toute sa force brutale pour faire régner la terreur, en cette période trouble où le haut est nommé bas et les ténèbres lumière, la violence n’est pas du côté de cette jeunesse effarée par les mensonges et par la mauvaise foi, jeunesse aimée que j’encourage.

Car si un pied t’écrase la gueule et que tu mords ce pied : non tu n’es pas violent-e. Tu es vivant-e.